Eh oui ... Il est temps de se mettre en mode pause. Temps de repos, temps de break, temps de faire tout ce que l'on a délaissé depuis des mois. Mon vieux sac à dos est prêt et cahin caha, deci delà, nous partons en duo sur les chemins de Compostelle. Que voulez-vous, je n'ai jamais su résister à une proposition, surtout quand elle est malhonnête
Ensuite, comme prévu, direction les bénédictines. Si par hasard, je croise un passager en revenance, je lui donnerai des nouvelles à vous envoyer.
Nous nous retrouvons aux alentours du 15 août pour quelques jours avant que je parte reprendre le collier sur Paris le 24. En attendant, je ne vais pas afficher écran bleu tout de même
Je vous laisse avec un recrutement de rêve. Passez d'excellentes vacances, un été comme vous l'aimez et si vous ne partez pas, il y a des découvertes que vous n'avez sûrement pas encore faites par chez vous. Je vous embrasse. France
Tout a commencé quand il est entré dans son bureau. Ce fut comme si, dans sa tête, les plombs sautaient. En pénétrant dans la grisaille de son vide quotidien, de son corps immense et félin, il avait élargi l’espace. Le poète l’a écrit : une panne d'électricité, c'est la naissance des bougies. Elle l’avait accueilli d’un sourire et d’une poignée de main chaleureuse. Un entretien de recrutement, ce n’est pas un tribunal.
Ses premiers mots lui semblèrent étrangers, comme s’ils sortaient d’une autre bouche, parlaient une autre langue … Je vais vous présenter l’entreprise et le poste à pourvoir. Ensuite, vous me parlerez de vous … Leurs yeux plongeaient en l’Autre, liés par des petits fils de peur presque magiques. Usine … procédés … libération prolongée … responsable d’exploitation … Elle égrenait tout ce qui fait les journées à l’usine, ce qui rend les heures moins longues, ce qui fait l’alimentaire moins contraignant. Certains ont le mal de mer ou le mal de voiture et ce jour-là, elle avait le mal du recrutement. La vanité de son discours lui frappait le coeur comme les embruns de l’océan un jour de tempête.
Pour lui répondre, il se pencha en avant et tendit la main, à la toucher. Il avait une étoile entre chacun de ses doigts qu’il posa sur son bras. Sa peau noire sur la sienne si blanche. Il racontait sa vie, elle n’en connaissait que ce le CV en disait. Pour toute expérience, il avait dessiné des images. Comme un jeu de piste qu’elle avait suivi jusqu’à le recevoir.
Après leur tête, ce qui tomba en panne, c'est le temps. Ils ne parlaient plus, les mots en résonnance de leurs pensées à l’infini. Il n’avait pas lâché son bras et ses yeux graves l’interrogeaient. Partons … partons d’ici … nous sommes faits d’un autre bois … c’est la nuit que nous volons, les poches remplies de plumes d’oreiller … Elle savait. Quelque chose respirait près d’eux. Une porte … au milieu de la pièce. Elle ne ressemblait à aucune autre porte et brillait un peu. Elle ouvrait sur un escalier dont les marches étaient à peine visibles ou si peu. Était-ce parce qu’ils voulaient qu'elles existent ?
Nous interrompons nos émissions pour un flash spécial : hier en fin d’après-midi, une responsable des ressources humaines a disparu mystérieusement ainsi que le candidat qu’elle recevait. Notre reporter spécial a rencontré la fille de la disparue alors qu’elle dégustait des sushis dans un restaurant du centre ville. « Ma mère n’a pas disparu. Je le sais parce que ce matin, un papillon s’est posé sur mon épaule et un rayon de soleil a caressé ma joue.».
Ce qu’elle ne dit pas au journaliste -il n’aurait pas compris- c’est que le rayon de soleil avait déposé un mot à côté du grille-pain. Dessus, il y avait en grandes lettres élancées : « Je t’aime mon Bébé-Etoile ». Elle sourit … Sa mère allait bien … Elle est avec Lui. Depuis le temps qu’elle l’attendait …
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