Communication et + si affinité
Par France le dimanche 14 juin 2009, 12:11 - Histoire d'en savoir plus - Lien permanent
La plupart des conflits (petits ou grands) ont pour origine une mauvaise communication. Qui d’entre vous n’a pas eu affaire à un interlocuteur qui ne l’écoute pas, qui le coupe avant qu’il n’ait terminé sa phrase, qui n’ait pas eu à constater après coup, le décalage entre son discours et la réaction qu’il suscite. En effet, lorsque nous émettons un message, notre interlocuteur n’en saisit que 50 % (pour ceux qui écoutent vraiment, c’est dire ce qui reste lorsque l’on entend sans écouter).
Pour commencer, une communication nécessite que certaines conditions soient réunies. Ces conditions semblent aller de soi … Ca va sans le dire mais cela va mieux en le disant. Les évidences des uns ne sont pas nécessairement celles des autres. Donc, pour qu’il ait communication, il fait qu’il ait :
- un émetteur et d’un récepteur (1) et (2)
- un message à transmettre (3)
- un canal de transmission : support, moyen utilisé (voix, écrit, gestes, toucher) (4)
- un code comme les termes et le langage utilisés (6)
- une réaction à la communication, ce que l’on appelle le feed-back (5)

Maintenant que les conditions de communication sont réunies, que se passe-t-il donc ? Schématiquement, le processus et les différentes étapes de la communication sont les suivants :

Tout ceci va parfois se dérouler en une fraction de seconde mais il s’agit bien du processus que vous avez mis en œuvre pour communiquer.
- Vous composez le message en le construisant de façon logique (la votre).
- Vous adaptez le message en fonction de votre interlocuteur.
- Vous le préparez à recevoir votre message en attirant son attention.
- Vous émettez le message.
- Le récepteur reçoit le message mais le comprend-il dans son intégralité ou partiellement ? Ecoute-t-il ?
- Il interprète le message et son interprétation correspond-elle à ce que vous vouliez dire ?
Et oui … Pauvre de vous … La communication n’est pas passée comme vous le souhaitiez. Un mot mal été interprété, un concept mal défini, un silence que vous n’avez pas écouté, une phrase que vous n’avez pas su reformuler. Les obstacles sont nombreux. Entre vous et votre interlocuteur, il y a comme un entonnoir. C’est par cet entonnoir que va passer la communication et qu’elle va malheureusement subir des déperditions.

Comment peut-on expliquer les distorsions subies par la communication :
Par l’expression tout d’abord : entre ce que nous voulons exprimer et ce que nous arrivons à dire ou à écrire, il existe un décalage dû au fait que nous ne trouvons pas les termes exacts pour exprimer notre pensée. Ce que nous disons n’est pas ce que nous voulions communiquer initialement.
Ensuite, le codage : les mots, les termes, notre langue. En premier lieu, au moment de la conception du message, il permet de formaliser votre perception de la réalité. A un second niveau, il intervient pour communiquer. Entre ces deux codes, une partie du message originel est perdue.
Un environnement sonore : Les bruits vont distordre le message. Essayer de communiquer dans un concert de klaxons et vous comprendrez ce que je veux dire.
La réception : La réception du message par votre interlocuteur n’est jamais totale. Il va sélectionner les informations en fonction de ce qu’il comprend de votre système de codage et en fonction de sa propre conception de la réalité.
L’écoute : votre interlocuteur peut donner des signes d’écoute alors même que son attention ne peut être ni constante, ni soutenue. A titre d’exemple, pensez-vous franchement que sur 7 heures de cours, je sois à 100 % de l’écoute ? Et pourtant, dans mon apparence, rien ne laisse à croire que je réfléchis à ma liste de courses, à mon planning de la semaine ou au mal que me font ces p… de chaussures !
Pour finir, le cadre de référence et ceci est sans doute de loin, le plus grand pourvoyeur de distorsions : Ce cadre est fait des idées, du savoir, des normes, des valeurs, de l’expérience de chacun d’entre nous. Tout ce que nous recevons comme information est filtré par ce cadre. C’est notre façon de comprendre les événements et la réalité du monde qui nous entoure.
Vous comprenez maintenant que d’une personne à l’autre, ce cadre évolue, varie, change et donc impacte lourdement la communication qui vous lie.

Vous savez bien que les perceptions que nous avons des choses sont subjectives. Chacun d’entre nous perçoit une situation, une personne, un objet de manière différente. Lorsque nous communiquons avec les autres, les informations que nous captons dépendent de ce qui nous intéresse, de ce qui est en rapport avec ce que nous connaissons. Notre point de vue est fonction de nos représentations mentales et notre point de vue passe obligatoirement par ce tamis, que nous le voulions ou non.
Dès lors, nous allons transformer le message car un même mot suscitera des images, des impressions, des souvenirs et des émotions différents selon les personnes. Si je vous dis « batterie », à quoi pensez-vous ? Ecrivez spontanément le mot qui vous vient à l’esprit …tic tac … tic tac … buuzzzz … Est-il dans la liste ci-dessous ? Ce qui démontre bien qu’en évoquant une batterie, si vous ne précisez pas ce que ce mot doit évoquer pour votre interlocuteur, il n’est pas impossible que vous vous aperceviez trop tard que vous ne parlez pas de la même chose.

Ce billet n'est qu'une approche rapide de cet immense sujet de réflexion qu'est la communication. Il ne traite pas de l'Ecoute qui est le pendant obligé d'une bonne communication. Communiquer et susciter l’écoute, c’est partir de là où se trouve l’Autre, c’est pouvoir reconnaître et respecter ses différences et affiner ce 6ème sens qu’est l’intelligence de notre relation à l’Autre. C’est la réalité des formateurs, la parole étant son instrument privilégié à condition qu’elle s’inscrive dans un mouvement vers l’Autre. En cela, la PNL (Programmation neuro-linguistique) offre aux formateurs-animateurs un ensemble de clés leur permettant de décoder leurs savoir-faire intuitifs et enrichir leur qualité d’écoute et de rebond face au groupe.
Si le sujet vous intéresse, les références suivantes sont des pistes intéressantes :
- Banfler R., Un cerveau pour changer, InterEditions, Paris, 1997
- Cudicio C., Comprendre la PNL, Editions d’Organisation, Paris, 1999
- Doverot M., Grébot E., Enseigner, former, conseiller avec la PNL, ESF Editeur, Issy les Moulineaux, 1995
- Grinder J., Bandler R., Les secrets de la communication, Le jour éditeur, Montréal, 1982
- La Garanderie A. (de), Les profils pédagogiques, Bayard éditions – Centurion, 1980
Je vous conseille surtout la lecture d’Idries Shah et de ses « Plaisanterie de l'incroyable Mulla Nasrudin » (2 tomes) et des « Exploits de l’incomparable Mulla Nasrudin ». Shah vous emmène vers une indispensable connaissance de soi au travers des mille et une facéties de Nasrudin.


Commentaires
Sacré PNL !!!
Savais-tu que son créateur est ni plus ni moins que le célèbre docteur Erickson plus connu pour son autre découverte qui est l'hypnose.
Quant au schéma de communication auquel tu fais référence, c'est celui de Shannon. Il modélise le parcours d'une onde sonore entre le studio d'enregistrement et le poste de réception chez l'usager. Aujourd'hui c'est devenu un objet très courant que l'on appelle "radio".
C'est plus clair non !!! ok, je sors. Je retourne à mes designs.
La grille de référence est effectivement le point centrale, à mon avis, dans la communication, étant entendu que l'écoute est là ...
Je le percevais assez bien, mais c'est la lecture de la "Nouvelle Grille", d'Henry Laborit, dans mes jeunes années, qui m'a conduit a en avoir une meilleur formulation.
@Analas : Milton Erickson n'est pas le "père" de la PNL. Les fondateurs de cette doctrine (bien que le mot doctrine ne soit pas parfaitement adapté) sont John Grinder et Richard Bandler. Ils se sont appuyés sur les travaux d'Erickson c'est vrai mais également sur ceux de Virginia Satir. Je te renvoie au livre dont j'ai noté les références en fin de billet. Quant à l'hypnose de ce bon Milton, nous sommes nombreux à la pratiquer sans le savoir. Pour ce qui est de Shannon, dans mon cadre de référence, il s'agit de la ville irlandaise à proximité de laquelle se trouve le Dirty Nelly, fameux pub où j'ai fêté mes 20 ans.
Connotations subjectives ... quand vous nous tenez 
@Quidam : aaaah l'Ecoute
Si la moitié de ceux qui prétendent écouter pouvaient déjà entendre, les bisounours danseraient sur les pelouses 
Bonjour France, et merci pour ce billet limpide. J'espère que ton samedi studieux s'est bien passé? (traduction: 1/on a parlé de toi pendant le rencontre de blogueurs en ayant une pensée pour toi 2/ et d'ailleurs comment vas-tu?).
Sujet passionnant que celui de la communication, même si la PNL n'est pas ma tasse de thé (mais je vais lire Nasrudin, ça fait un moment que j'hésite). Quant aux Bisounours...ah, la communication animale et non verbale, pas mal non plus :D
Bonjour,
c'est avec plaisir que je lie ton billet. Effectivement, comme je l'avais noté dans le mien il y a quelque mois, en observant les conversations, et de façon plus globale les échanges entre individus, on voit qu'il y a très souvent un décalage entre les interlocuteurs... (ref : http://respectdespersonnes.blog.oue...)
@Véronique : je te confirme que le paraverbal des animaux est prodigieux. Bien plus fantastique à étudier que le verbal borborygmique de certains bipèdes
@André : un mot, une mauvaise interprétation et c'est parti pour une suite édifiante de malentendus. Et il y a des mayonnaises qui ne retombent jamais