Le principe est simple : Tous les savoirs sont importants pour ceux qui les proposent et ceux qui les recherchent. Toute personne, d’où qu’elle vienne et quels que soient son âge, son niveau de formation, son histoire culturelle, et son expérience de vie peut transmettre ses savoirs, ses savoir-faire, ses expériences. La seule monnaie qui circule est le savoir : nul troc, nul rapport d’argent ni de service, c’est le désir et le besoin qu’en ont l’offreur et le demandeur qui déterminent la valeur du savoir. Chacun est à la fois offreur et demandeur. Différence entre un échange de savoir (ce qu’est le réseau) et une prestation de service à la personne (ce que n’est surtout pas le réseau) : je ne referai pas la tapisserie de votre salon. En revanche, je peux vous apprendre à le faire. Pour mes photos, je ne cherche pas un encadreur, je cherche une personne pouvant m’apprendre à mettre mes photos en valeur par un encadrement approprié.

Comment peut-il fonctionner : Un espace réunit les offres et les demandes de savoir : les personnes se contactent directement. Une équipe de coordination dynamise le réseau en permettant aux personnes de définir leur besoin et d'aider à découvrir qu'elles possèdent des savoirs pouvant aider les autres. Cette équipe aide à mettre en relation les membres du réseau, à formuler les offres et les demandes, les diffuse sur le Réseau. Elle assure le suivi des échanges et s’assure du respect de la charte par les participants.

Quels échanges : Les échanges se font de personne à personne ou au sein d'un groupe. Ils peuvent se faire par le biais de rencontres ou utiliser des NTIC. Ce sont les participants qui construisent la pédagogie à mettre en œuvre et qui décident des modalités d’apprentissage, selon leurs désirs et leur disponibilité.

Que pouvons-nous attendre d’un tel réseau : Je voudrais citer Michel Serres dans sa « Rédemption du savoir » : « L'économie est fondée sur l'échange, qui est fondé sur la rareté. Vous avez deux francs et j'en ai zéro. Si vous me les donnez, j'aurai deux francs et vous zéro. C'est un jeu à somme nulle. Le savoir a exactement la structure inverse. Vous ignorez le théorème de Pythagore et je le sais. Si je vous en donne connaissance, vous allez le recevoir et, pourtant je le garderai. Ce n'est pas un jeu à somme nulle. ».

Concernant Claire Hébert-Suffrin, il ajoutait : « Elle a mis en rapport quelques personnes susceptibles d'échanger leurs connaissances, de russe, de réparation de mobylette, de physique nucléaire, de tout, mais en dehors de l'idée d'argent. C'est devenu un réseau de vingt-cinq mille personnes qui s'étend dans presque toute l'Europe. Elle a eu une intuition vraie de ce qu'est le savoir: le partage, la gratuité, l'échange, l'espace. Si nous mettons tout cela sur ordinateur, cela devient la véritable université. ».

Claire Hébert-Suffrin indique : « Pour offrir et demander des savoirs, chacun explore ses propres parcours et repère, nomme, décrit ses savoirs et ses désirs et besoins d’apprendre ; il les inscrit dans une dynamique sociale comme objet social considéré et à reconsidérer. Chacun est doublement “ gagnant ” dans les deux rôles d’offreur et de demandeur de savoirs. En se constituant offreur, il est doublement gagnant. D’une part, parce qu’il vit ce sentiment valorisant d’être utile par ses savoirs ; il applique sa créativité à la recherche de méthodes. D’autre part, parce qu’il apprend en enseignant. En refaisant son propre parcours de son propre apprentissage de ce qu’il se prépare à enseigner, il y intègre ce qu’il a vécu depuis, expériences, nouveaux savoirs, nouvelles questions, nouveaux points de vue. En reformulant ses savoirs, il les rationalise, et même les réactive. En répondant aux questions d’autrui, il regarde ses savoirs d’ailleurs, il fait émerger des ignorances sues et non sues, il éprouve le besoin de retourner aux sources, de réapprendre, il formule à nouveau et peut-être autrement, il se donne la chance de déconstruire ses évidences.

En se constituant demandeur, il apprend, parce que, pour apprendre, il est nécessaire de se constituer intérieurement demandeur, chercheur, constructeur de savoirs. Et il découvre et expérimente que la “ mise en mouvement ” qu’il fait en lui pour apprendre est occasion pour l’autre de se mettre aussi en mouvement et de s’enrichir. Chacun est doublement « doublement » gagnant ; le gain de chacun augmente le gain de l’autre et réciproquement. »

Inutile de préciser après cela que nous avons tout à y gagner : intellectuellement, socialement, comme être humain et/ou comme groupe.


Bâtir un Réseau d'Échanges Réciproques de Savoirs sur Régions Job ?

Nous sommes des centaines à nous retrouver sur cette plate-forme. Venus des 4 coins de l’Hexagone, nous sommes animés d’une même envie, d’un même besoin : partager notre expérience, qu’elle soit une recherche d’emploi, la passion de son métier, une création d’entreprise, un bout de sa vie. Au-delà des billets que nous éditons, nous portons en nous des savoirs qui pourraient être primordiaux dans la démarche de certains. Or, nous n’y pensons pas, nous n’osons pas demander, nous n’imaginons pas que nous pourrions demander ou offrir.

Quels risques prendrions-nous à aller plus loin, en nous investissant dans un tel réseau : se découvrir capable d'apprendre et de transmettre des savoirs, vivifier le réseau de nos relations, diversifier les occasions de résoudre telle ou telle difficulté, s’inscrire dans un projet collectif. En effet, autour de nous, nous avons des amis, des connaissances qui souhaitent proposer leurs compétences mais ne savent pas vers quelle structure se tourner : proposons-leur de se joindre à nous.

Exemple : Une amie institutrice à la retraite se pose souvent la question de l’aide qu’elle pourrait apporter. Elle pourrait animer un atelier « se réconcilier avec l’orthographe» dans mon salon pour ceux qui sont de la région. Nous pourrions brancher la webcan et le micro afin que ceux qui sont loin puissent également y participer. Une amie DRH termine une mission très prochainement et disposera d’un peu de temps. Demandons-lui si elle accepterait d’animer un atelier d’entretien de recrutement, ou d’entretien professionnel ou de rédaction de CV. En échange, peut-être ont-elles besoin d’apprendre la recette du tiramisu, ou à changer une roue … qu’importe le savoir échangé pourvu qu’il y ait 1/ savoir et 2/ réciprocité.

Vous allez me répondre qu’il y a déjà échange de savoirs sur cette plate-forme. Pour ne citer que lui, Flavien n’hésite pas à faire profiter les uns et les autres de ses connaissances, pas seulement par le biais de ses billets. Il lui arrive de donner une réponse directement par un mail perso tellement agréable à recevoir quand on galère. Nous sommes-nous demandé ce qu’il aimerait apprendre de son côté ? De quels savoirs a-t-il besoin que l’un d’entre nous possède peut-être ? BJC et Christophe ont fait de l’échange réciproque de savoir sans le savoir lorsqu’ils se sont rencontrés.

Je propose à Régions Job de se lancer dans l’aventure en créant un RERS sur sa plate-forme. Quelle autre plate-forme de blog serait la mieux adaptée ? Il suffirait de si peu de chose : créer un espace réservé (Le Savoir Café ?), mettant à disposition un « catalogue » des échanges, un forum de discussion sur la Charte, les Bonnes Pratiques, les retours d’expérience, les bilans … que sais-je. Bon … en même temps, je suis une telle tanche en informatique que je ne me rends pas compte de ce que cela suppose techniquement. Ce sont en tous les cas, les premiers outils qui me viennent en tête. Je ne doute pas qu’il ne sera guère compliqué de trouver un ou plusieurs animateurs par région qui plus que des superviseurs seront des fédérateurs de savoirs.

Dois-je préciser que je suis la première à offrir mes services ? Demandeur/offreur (j’ai tellement à apprendre et à transmettre), animateur, formateur, testeur … A vous de me dire si ce projet vous tente. Je laisse le dernier mot à Claire Hébert-Suffrin qui en quelques secondes vous en dira plus long que tous les billets.