Les Réseaux d'échanges réciproques de savoir
Par France le lundi 13 avril 2009, 14:05 - Chron'hic and nunc - Lien permanent
Chacun d'entre nous possède des savoirs : savoirs ménagers, savoirs intellectuels, savoirs pratiques manuels de bricolage, des expériences de vie, des savoir-faire comme des savoir-être. Pourquoi ne pas en faire profiter vos amis, votre entourage, les personnes isolées qui en échange vous offriront leur propre savoir et expérience. Par cet échange, chacun est valorisé et peut se rendre utile aux autres. Pourquoi ne pas le mettre au service d’un Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs ?
Ce réseau permet d'échanger des savoirs. Il permet également, surtout devrais-je dire, de valoriser socialement des personnes qui pensent n'être bonnes à rien (ou mauvaises à tout) et s'aperçoivent qu'elles peuvent aider les autres et trouver une reconnaissance. Prendre de d'assurance et par là-même, pour ceux qui sont demandeurs d’emploi, de retrouver plus facilement du travail.
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Edit du 25 avril : Comme je vous l'explique dans un commentaire mais qui n'est pas très visible, je vais réfléchir à une organisation possible grâce à un blog collaboratif, surtout afin de respecter strictement, comme le précise Alain, l'esprit de la Charte qui régit les RERS. En attendant, et avant toute chose, que ceux qui sur leur région accepteraient de s'investir dans ce réseau comme animateur local lèvent le doigts et me contactent. Ensuite, que ceux qui sont offreurs/demandeurs potentiels se manifestent. C'est par eux qu'un tel réseau peut naître et vivre. Pour finir, que tous, qui que vous soyez, mettez sur la table toutes les suggestions possibles. On triera ensemble.
Le principe est simple : Tous les savoirs sont importants pour ceux qui les proposent et ceux qui les recherchent. Toute personne, d’où qu’elle vienne et quels que soient son âge, son niveau de formation, son histoire culturelle, et son expérience de vie peut transmettre ses savoirs, ses savoir-faire, ses expériences. La seule monnaie qui circule est le savoir : nul troc, nul rapport d’argent ni de service, c’est le désir et le besoin qu’en ont l’offreur et le demandeur qui déterminent la valeur du savoir. Chacun est à la fois offreur et demandeur. Différence entre un échange de savoir (ce qu’est le réseau) et une prestation de service à la personne (ce que n’est surtout pas le réseau) : je ne referai pas la tapisserie de votre salon. En revanche, je peux vous apprendre à le faire. Pour mes photos, je ne cherche pas un encadreur, je cherche une personne pouvant m’apprendre à mettre mes photos en valeur par un encadrement approprié.
Comment peut-il fonctionner : Un espace réunit les offres et les demandes de savoir : les personnes se contactent directement. Une équipe de coordination dynamise le réseau en permettant aux personnes de définir leur besoin et d'aider à découvrir qu'elles possèdent des savoirs pouvant aider les autres. Cette équipe aide à mettre en relation les membres du réseau, à formuler les offres et les demandes, les diffuse sur le Réseau. Elle assure le suivi des échanges et s’assure du respect de la charte par les participants.
Quels échanges : Les échanges se font de personne à personne ou au sein d'un groupe. Ils peuvent se faire par le biais de rencontres ou utiliser des NTIC. Ce sont les participants qui construisent la pédagogie à mettre en œuvre et qui décident des modalités d’apprentissage, selon leurs désirs et leur disponibilité.
Que pouvons-nous attendre d’un tel réseau : Je voudrais citer Michel Serres dans sa « Rédemption du savoir » : « L'économie est fondée sur l'échange, qui est fondé sur la rareté. Vous avez deux francs et j'en ai zéro. Si vous me les donnez, j'aurai deux francs et vous zéro. C'est un jeu à somme nulle. Le savoir a exactement la structure inverse. Vous ignorez le théorème de Pythagore et je le sais. Si je vous en donne connaissance, vous allez le recevoir et, pourtant je le garderai. Ce n'est pas un jeu à somme nulle. ».
Concernant Claire Hébert-Suffrin, il ajoutait : « Elle a mis en rapport quelques personnes susceptibles d'échanger leurs connaissances, de russe, de réparation de mobylette, de physique nucléaire, de tout, mais en dehors de l'idée d'argent. C'est devenu un réseau de vingt-cinq mille personnes qui s'étend dans presque toute l'Europe. Elle a eu une intuition vraie de ce qu'est le savoir: le partage, la gratuité, l'échange, l'espace. Si nous mettons tout cela sur ordinateur, cela devient la véritable université. ».
Claire Hébert-Suffrin indique : « Pour offrir et demander des savoirs, chacun explore ses propres parcours et repère, nomme, décrit ses savoirs et ses désirs et besoins d’apprendre ; il les inscrit dans une dynamique sociale comme objet social considéré et à reconsidérer. Chacun est doublement “ gagnant ” dans les deux rôles d’offreur et de demandeur de savoirs. En se constituant offreur, il est doublement gagnant. D’une part, parce qu’il vit ce sentiment valorisant d’être utile par ses savoirs ; il applique sa créativité à la recherche de méthodes. D’autre part, parce qu’il apprend en enseignant. En refaisant son propre parcours de son propre apprentissage de ce qu’il se prépare à enseigner, il y intègre ce qu’il a vécu depuis, expériences, nouveaux savoirs, nouvelles questions, nouveaux points de vue. En reformulant ses savoirs, il les rationalise, et même les réactive. En répondant aux questions d’autrui, il regarde ses savoirs d’ailleurs, il fait émerger des ignorances sues et non sues, il éprouve le besoin de retourner aux sources, de réapprendre, il formule à nouveau et peut-être autrement, il se donne la chance de déconstruire ses évidences.
En se constituant demandeur, il apprend, parce que, pour apprendre, il est nécessaire de se constituer intérieurement demandeur, chercheur, constructeur de savoirs. Et il découvre et expérimente que la “ mise en mouvement ” qu’il fait en lui pour apprendre est occasion pour l’autre de se mettre aussi en mouvement et de s’enrichir. Chacun est doublement « doublement » gagnant ; le gain de chacun augmente le gain de l’autre et réciproquement. »
Inutile de préciser après cela que nous avons tout à y gagner : intellectuellement, socialement, comme être humain et/ou comme groupe.
Bâtir un Réseau d'Échanges Réciproques de Savoirs sur Régions Job ?
Nous sommes des centaines à nous retrouver sur cette plate-forme. Venus des 4 coins de l’Hexagone, nous sommes animés d’une même envie, d’un même besoin : partager notre expérience, qu’elle soit une recherche d’emploi, la passion de son métier, une création d’entreprise, un bout de sa vie. Au-delà des billets que nous éditons, nous portons en nous des savoirs qui pourraient être primordiaux dans la démarche de certains. Or, nous n’y pensons pas, nous n’osons pas demander, nous n’imaginons pas que nous pourrions demander ou offrir.
Quels risques prendrions-nous à aller plus loin, en nous investissant dans un tel réseau : se découvrir capable d'apprendre et de transmettre des savoirs, vivifier le réseau de nos relations, diversifier les occasions de résoudre telle ou telle difficulté, s’inscrire dans un projet collectif. En effet, autour de nous, nous avons des amis, des connaissances qui souhaitent proposer leurs compétences mais ne savent pas vers quelle structure se tourner : proposons-leur de se joindre à nous.
Exemple : Une amie institutrice à la retraite se pose souvent la question de l’aide qu’elle pourrait apporter. Elle pourrait animer un atelier « se réconcilier avec l’orthographe» dans mon salon pour ceux qui sont de la région. Nous pourrions brancher la webcan et le micro afin que ceux qui sont loin puissent également y participer. Une amie DRH termine une mission très prochainement et disposera d’un peu de temps. Demandons-lui si elle accepterait d’animer un atelier d’entretien de recrutement, ou d’entretien professionnel ou de rédaction de CV. En échange, peut-être ont-elles besoin d’apprendre la recette du tiramisu, ou à changer une roue … qu’importe le savoir échangé pourvu qu’il y ait 1/ savoir et 2/ réciprocité.
Vous allez me répondre qu’il y a déjà échange de savoirs sur cette plate-forme. Pour ne citer que lui, Flavien n’hésite pas à faire profiter les uns et les autres de ses connaissances, pas seulement par le biais de ses billets. Il lui arrive de donner une réponse directement par un mail perso tellement agréable à recevoir quand on galère. Nous sommes-nous demandé ce qu’il aimerait apprendre de son côté ? De quels savoirs a-t-il besoin que l’un d’entre nous possède peut-être ? BJC et Christophe ont fait de l’échange réciproque de savoir sans le savoir lorsqu’ils se sont rencontrés.
Je propose à Régions Job de se lancer dans l’aventure en créant un RERS sur sa plate-forme. Quelle autre plate-forme de blog serait la mieux adaptée ? Il suffirait de si peu de chose : créer un espace réservé (Le Savoir Café ?), mettant à disposition un « catalogue » des échanges, un forum de discussion sur la Charte, les Bonnes Pratiques, les retours d’expérience, les bilans … que sais-je. Bon … en même temps, je suis une telle tanche en informatique que je ne me rends pas compte de ce que cela suppose techniquement. Ce sont en tous les cas, les premiers outils qui me viennent en tête. Je ne doute pas qu’il ne sera guère compliqué de trouver un ou plusieurs animateurs par région qui plus que des superviseurs seront des fédérateurs de savoirs.
Dois-je préciser que je suis la première à offrir mes services ? Demandeur/offreur (j’ai tellement à apprendre et à transmettre), animateur, formateur, testeur … A vous de me dire si ce projet vous tente. Je laisse le dernier mot à Claire Hébert-Suffrin qui en quelques secondes vous en dira plus long que tous les billets.


Commentaires
Je trouve que c'est une super idée, tout le monde à des choses à proposer en cherchant bien et se rendre service mutuellement je pense que c'est une bonne action qui rappelle la cohésion d'antan.
ça fourmille par ici... idées et générosité ! merci à toi
prends soin de toi
Bonjour France
Je passe très vite te faire un petit coucou ! De mon côté tout se passe bien mais je n'ai toujours pas trouvé une minute à moi pour écrire sur le blog ! Promis dans 2 week-end je devrais pouvoir le faire !
A bientôt
Anne-Laure
J'ai enfin trouvé le temps de lire ton billet. L'idée est excellente, même si elle n'est pas si simple que çà à mettre en œuvre... Le principal problème est de faire adhérer les gens à la démarche et de trouver un vivier suffisant de contributeurs pour proposer une offre large. Question supervision, je t'avouerais que mes journées sont déjà trop courtes... Je garde l'idée en tout cas, faire de l'échange de compétences est un vrai concept. C'est ce que font déjà certains via leurs blogs, les rassembler serait excellent. Pourquoi pas un blog collectif sur le sujet, où chacun présenterait ses compétences qu'il souhaite partager ? Dans ce cas, ce serait simple à réaliser
c'est l'histoire d'une petite graine qui germe qui germe !!
bon WE à toi jeune fille !!
Super idée ! Je viens de découvrir ton blog et non seulement il fourni des informations importante et dur à trouver pour le commun des mortels mais surtout ça fait du bien de voir qu'il existe encore des gens capable de partager leur savoir sans rien demander en échange ! Je trouve l'idée de vraiment génial et j'aimerai y participer.
Et dire que je ne lis ceci que maintenant! Bravo! Je ne peux qu'approuver. C'est vrai qu'un blog serait peut-être plus simple à manier et du coup à animer. Je ne sais pas. Car, comme le dit not' Modérateur il faut mobiliser les bonnes volontés et se rendre "visible".
Sinon, suite des Virtuels en ligne!
Bonne soirée à toi.
L'idée est très bonne mais une question se pose :
"Comment procéder virtuellement à l'indispensable mise-en-relation entre l'offeur et le demandeur de savoir" ?
La mise en relation est faite par un tiers et permet de définir le contenu, la méthode de l'échange et plus tard le suvi et l'évaluation de l'échange de savoir (voir la Charte des Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs sur le site du Mouvement International à www. mirers.org)
Alain
R.E.R.S. de Blois (41)
Une fois n'est pas coutume, je prends le temps de m'occuper un peu de mon espace bloguesque depuis mon espace professionnel. Merci de vos réactions à cette proposition qui a besoin de mûrir avant de devenir un projet ficelé. J'ai bien retenu la proposition de notre modérateur de mettre en place un blog collaboratif. Nous connaissons tous les difficultés d'animation d'un tel blog, Véronique nous en touche un petit mot en ce moment d'ailleurs. Je réfléchis à une organisation possible et si RJ accepte, alors nous en reparlerons.
Alain du RERS de Blois, merci de votre passage. J'ai lu la Charte qui se trouve, avec d'autres liens, en annexe dans la "page" réservée aux RERS. Avant de publier ce billet, j'ai longuement parcouru les blogs et sites consacrés à ces réseaux. Concernant la mise en relation, la mise en oeuvre et l'évaluation, il n'est pas question qu'elle soit "virtuelle". Du moins, ce n'est pas comme cela que je le conçois. C'est ce pourquoi je précise qu'il faudra une bonne volonté par région, un animateur qui se chargerait de cette activité que je crois assez chronophage même si elle est prodigieusement enrichissante. Quoiqu'il en soit, je suis preneuse de tout le retour d'expérience dont vous accepterez de nous faire partager. N'hésitez pas à me contacter par mail.
Dans tous les cas, ce billet était un premier pas. Ce que je vous propose, c'est de me communiquer toutes vos idées d'organisation, de veille, de diffusion ... qu'importe ... tout ce qui vous passe par la tête ... en avant le brainstorming !!! A partir de là et suivant ce qui sera possible de réaliser en collaboration avec RJ, je reviendrai vers vous.
Il faut que je retourne à mes dossiers. Je vous souhaite un excellent week-end. A très bientôt
Mary, toutes les bonnes volontés seront les bienvenues. Si tu as déjà une idée sur la forme que pourrait prendre ta participation, n'hésite pas à me contacter. Bonne soirée
je connais ce type de réseaux, c'est un super moteur de relation et d'échanges valorisants, j' ai le projet de le mettre en place sur mon lieu de travail et suis partante pour tout échanges pour la mise en place.
christabelle
Christabelle, super idée que de mettre un tel réseau en place dans l'entreprise. Maryannick Van Den Abeele, Chef de projet « Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs » à la Direction du Courrier de la Poste a présenté dans une journée organisée conjointement par le GARF et SOL ce qui a été fait chez eux. Pour ma part, je travaille sur un projet avec un ami qui a déjà animé un réseau de ce type. Nous espérons pouvoir commencer à fonctionner à l'automne. Tu trouveras de nombreuses informations dans la page spéciale que j'ai consacrée à ces réseaux. Bien que pas encore bien experte dans le domaine, je suis à ta disposition pour en parler. Bonne journée
Bonjour, je viens de trouver vos messages et leurs commentaires. Alors, je viens aux nouvelles : avez-vous pu avancer ? merci des infos. Cordialement. Claire Héber-Suffrin