Les uns se résignent, d’autres se rebellent ou instrumentalisent l’entreprise... La tentation du retrait gagne les salariés. Une réalité dont les employeurs n’ont pas pris toute la mesure.
« Vous traînez les pieds pour aller bosser ? Bienvenue au club ! Celui des frustrés du boulot qui font triste mine chaque matin à l’idée de rejoindre leur bureau. La tendance n’épargne pas les costumes-cravates. « Les phénomènes de désengagement les plus extrêmes ne sont pas le fait des losers, mais des plus performants. Et ces états d’âme sont de plus en plus masculins. Énormément d’hommes se posent des questions sur le sens de leur travail et le retour sur investissement qu’ils y trouvent », explique Juliette Ghiulamila, consultante et auteur de l’étude Cadres : la tentation du retrait, réalisée en 2007 pour l’Observatoire des hommes et des organisations d’Adecco.
Je vous engage à lire l’article complet de Liaisons Sociales Magazine. Peut-être y trouverez-vous la catégorie dans laquelle vous êtes passés. Ce désengagement, ces frustrations, cette démotivation, croyez-vous qu’elles sont liées à l’époque, à la conjoncture, à sa culture du succès et de l’individualisme à tout crin ? Que nenni … Pour preuve, cet extrait de « Où va le travail humain » que je vous livre :
« Leur motivation à long terme se réduit à ceci : il faut travailler pour vivre. L’argent et le pouvoir sont les seules fins de l’activité dans l’usine. Nombreux, ceux qui ont conscience de l’indigence spirituelle à laquelle leur condition de vie les condamne. De là naissent l’indifférence, l’apathie, que beaucoup d’observateurs constatent parmi les ouvriers d’usine (britanniques) et que nous constatons de notre côté en France. Les techniciens eux-mêmes, directeurs de fabrication, ingénieurs de planning ou des études, souffrent de ces manques de motivation à long terme. Ils ont sur les manoeuvres l’avantage d’être occupés, sinon satisfaits, par la multiplicité des tâches à court terme que leurs responsabilités impliquent. Néanmoins, ils éprouvent souvent un ressentiment profond contre le système où la majeure partie des bénéfices que leur usine crée va dans la poche des actionnaires et souffrent, eux aussi, de « frustration » »
Georges Friedmann…. 1967
Il termine la 3ème édition de son livre par cette phrase : « De quels sacrifices personnels et de quelles libertés l’individu paiera-t-il, en fin de compte, l’épanouissement technique et le bien-être matériel ? ». Chose surprenante dans ce bouquin : les mots comme frustration, management ou planning sont écrits entre guillemets. Comme si, à l'époque, il s'agissait d'attirer l'attention du lecteur sur une terminologie issue d'un langage extra-terrestre ...
Bonne soirée ...



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